Le Maroc mise sur l’industrie du jeu vidéo pour créer des emplois et diversifier son économie

Un cas pays très concret qui montre comment un État africain peut structurer le gaming comme filière d’emploi, de formation, d’innovation et d’attractivité économique.

L’article d’AP News analyse la stratégie du Maroc pour faire du jeu vidéo un secteur économique structuré, capable de créer des emplois, de retenir les talents et de diversifier l’économie nationale. Le texte présente le pays comme l’un des premiers en Afrique à mettre en place une approche ciblée pour développer une industrie locale du gaming. Cette stratégie repose sur plusieurs leviers complémentaires : création d’un hub de développeurs à Rabat, formation de jeunes talents, organisation d’événements spécialisés, soutien aux startups, attractivité pour les entreprises internationales et investissement dans des infrastructures dédiées.

Le contexte est important. Le Maroc fait face à un chômage élevé des jeunes, proche de 30 %, et à une forte aspiration d’une partie de sa jeunesse qualifiée à chercher des opportunités à l’étranger. Dans ce cadre, l’industrie du jeu vidéo est présentée comme une réponse possible à un double défi : créer de nouveaux métiers et offrir des perspectives professionnelles dans un secteur déjà familier aux jeunes générations. Le ministre marocain de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, Mehdi Ben Said, insiste sur cette dimension : l’objectif n’est pas seulement de générer des revenus, mais aussi d’autonomiser la jeunesse et de lui ouvrir de nouvelles carrières.

L’article met aussi en avant le rôle du Morocco Gaming Expo, organisé à Rabat. L’événement réunit développeurs, étudiants, entreprises technologiques, acteurs de l’esport et opérateurs intéressés par le marché du mobile gaming. Il sert à la fois de vitrine, de plateforme de rencontres et d’outil de structuration de l’écosystème. Les participants y testent des jeux, découvrent des expériences en réalité virtuelle, participent à des compétitions esport et échangent avec des entreprises cherchant à se positionner sur un marché en croissance. Cette dimension événementielle montre que la structuration d’une industrie ne passe pas seulement par des politiques publiques, mais aussi par des espaces réguliers de rencontre entre talents, investisseurs, institutions et entreprises.

L’un des points les plus importants de l’article concerne l’investissement annoncé dans Rabat Gaming City. Le projet représente environ 26 millions de dollars et doit inclure des espaces de formation, de coworking, d’incubation et de production. L’objectif est de permettre aux startups de développer de nouveaux jeux, aux jeunes de se former à des métiers spécialisés, et aux entreprises internationales de trouver un point d’entrée dans l’écosystème marocain. Le Maroc souhaite aussi doubler les revenus de son industrie du gaming d’ici 2030, alors que le secteur génère déjà plus de 500 millions de dollars par an selon les autorités citées par AP.

L’article est particulièrement intéressant parce qu’il montre une approche positive et structurée du gaming : le jeu vidéo n’est pas traité comme un simple divertissement, mais comme une industrie à part entière. Il devient un outil de politique économique, de formation, d’innovation et d’attractivité internationale. Pour Betters, ce cas marocain est très utile car il démontre qu’un pays africain peut construire une stratégie gaming fondée sur les compétences, les infrastructures, les partenariats, les événements et l’accompagnement des talents. Il offre aussi un exemple concret pour plaider en faveur d’une gouvernance plus ambitieuse du secteur dans d’autres pays africains.

Auteur

Sam Metz, Associated Press.

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